"Quand on ne peut pas trop augmenter les salaires, il faut être inventif pour quand même continuer à offrir du pouvoir d'achat
à ses gars", déclarait le 18 avril Dominique Laure, transporteur en Loire-Atlantique à nos confrères de Ouest France.
Dont acte : "Qu'est-ce qui est partagé par tous et qui grève souvent le budget familial ? La voiture. Globalement, notre voiture
est souvent d'occasion. Elle coûte, hors carburant, environ 2 000 euros par an. J'ai eu l'idée de proposer une voiture neuve à
tous mes salariés, moyennant 1 euro par jour de travail. Soit 250 euros à l'année."
1 euro par jour
Cela ressemble à un avantage en nature... donc imposable. "Pas du tout", répond ce chef d’entreprise inventif, à la tête de
plusieurs sociétés de transport entre Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) et Saint-Loubès (Gironde) : "Rien n'est lié au
contrat de travail. La société Laure propose un service à ses employés. C'est une relation commerciale. Je lejur facture 5
euros la location à la journée, mais avec un contrat publicitaire en sus. Comme les voitures portent nos logos, mon salarié est
rémunéré 4 euros", témoigne cet ancien chauffeur qui possède une flotte de 120 camions et dirige 135 chauffeurs.
Entretien compris
En revanche, pas possible de choisir le véhicule. Une Clio diesel cinq portes, sinon rien ! C'est le fruit d'un parti du
développement durable: "Voiture française, construite en France, rejetant moins de 120 g par km de CO2... C'est ma
contribution au bien-être de la planète. Avec mes camions, je n'étais quand même pas toujours bien placé..."
Le transporteur perd-il au change ? "100 Clio négociées, il faut faire un chèque d'un million d'euros. Avec un amortissement
sur cinq ans." C’est aussi un atout pour recruter car le chauffeur routier demeure une denrée rare sur le marché.
"La voiture à 1 euro sert aussi à fidéliser mon personnel." Dernier calcul édifiant : "Les 100 salariés qui ont choisi cette option
économisent 2 000 euros par an grâce aux économies qu'ils font par rapport à leur ancienne voiture. Si je leur avais donné 2
000 euros de plus sur leur salaire, j'aurai dû débourser au moins 3 500 euros, avec les charges. Je ne débourse que 1 080
euros, le coût de fonctionnement avec amortissement, frais financiers et contrat d'entretien par Renault compris."

Rédacteur : Omri Ezrati  Source : www.wk-transport-logistique.fr

Billets en rapport